Retour de Mayotte. Une semaine de plongée. Une semaine de communion avec la nature!

Je découvre une île assez sauvage et très "africaine".  La végétation, assez sèche à cette saison, reste dense. Beaucoup de palmiers et de baobabs.  les plages sont souvent de sable sombre, loin des clichés carte postale à dominante turquoise. C'est le caractère volcanique qui domine, avec des terres rouges, des plages de sable gris noir et qui est à l'origine d'un des plus grands lagons du monde.

Le dépaysement serait parfait si la France n'avait pas apporté à ce petit coin tranquille et sauvage son système social, entrainant des grèves à répétition (presque chaque jour de notre séjour!). Dés notre arrivée, transfert en bateau pour éviter une portion de route bloquée. Mais chacun à son idée la-dessus et finalement c'est le dessous (de l'eau) qui nous intéresse!

Nous avons séjourné au jardin Maoré, hôtel situé à la pointe sud ouest de l'île, sur la plage de N'gouja. Nous ne sommes donc pas allés plonger à la fameuse passe en S. Cette plage, l'une des plus belles de l'île (comprenez qu'elle est de sable blanc) est classée réserve pour les tortues vertes et imbriquées qui viennent y pondre la nuit à marée haute. Le fond de sable permet la pousse d'un herbier dont elles se nourrissent. Se mettre à l'eau en PMT (palmes masque tuba) le jour à marée haute est facilement l'occasion de les observer brouter. On les rencontre particulièrement nombreuses sur ce site mais aussi dans tout le lagon et le reef externe ou les passes:

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On peut assister, grâce à Jeanny, qui s'occupe de la préservation des tortues et du site, à l'ouverture de nid de ponte (ici le taux de survie est de 1 % la prédation étant moindre, contre 1/1000 dans le reste du monde):

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Le second animal aquatique que nous n'aurons pas l'occasion d'observer (ils sont trop peu nombreux sur l'île, moins d'une dizaine apparement malgré une naissance constatée pendant notre séjour), c'est le dugong, qui profite des aussi d'herbiers (photo prise sur le web):

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Reste aussi la faune endémique de la région, à l'instar des adorables lémuriens appelés makis, qui ne manquent pas de vous sauter sur les épaules à plusieurs pour se régaler des bananes que vous leur proposez, voire de vous les arracher des mains:

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Allons à l'eau! Les plongées du jardin Maoré se font principalement dans les passes sud en dérivante le matin et dans le lagon l'après midi.

Autant le dire de suite, El Niño a fait des ravages en 98. Les scientifiques parlaient de dizaines d'années avant de retrouver la même prolifération. Si les coraux se sont remis plus vite ici qu'ailleurs grâce à une eau chargée, rendant d'ailleurs la photo sous-marine pas évidente, une montée en température importante a encore eu lieu cette année, provocant un nouveau blanchiment des coraux. Le sud de l'île est formé d'un reef externe, une grande barrière, et de hauts fonds internes au lagon (Chira Rani, Chira Lépoé). C'est cette première qui a le plus souffert, les coraux durs mourrants cédant sous l'assaut des vagues dans la partie supérieure. Mais la nature saura, espérons-le,  tirer profit de cet épisode pour repartir. Sur les squelettes d'autres coraux durs déjà se remettent à pousser. Pas d'algue car c'est là que l'on peut observer en fin de plongée des armées de chirurgiens, acanthurus leucosternon et lineatus, hepathus (ventre légèrement jaune) et chtenochaetus strigosus entre autres dans leur milieu naturel. La partie externe, qui tombe rapidement, reste préservée, moins soumise aux variations de température par son exposition au large. C'est le lieu des plongées du matin, plus profondes. C'est aussi ici que l'on rencontre "le gros": carangues, barracudas, requins, gros mérous, napoléons voire espadons etc. Mais aussi du "petit": anthias, poissons anges et nains, nemateleotris, demoiselles, clowns etc.

Les reefs internes sont quant à eux bien préservés. Les coraux présents ont certainement mieux résister grâce à une exposition plus habituelles aux températures élevées et une eau très chargée en nutriments. On a parfois l'impression de plonger à la tombée de la nuit à des profondeurs de 20m! On trouve tout type de coraux durs et mous (encroutants, acropores, gonioporas, blastomussa, sarcophytons etc.). On observe nombre de petits poissons: des bancs de chromis viridis très craintives, beaucoup de demoiselles, gobies avec leur alpheus, clowns etc.

Bref un MUST pour l'aquariophile et surtout récifaliste: on trouve à observer ici bon nombre des poissons et de coraux présents dans nos bacs.